30 juin 2008

- Pic de Saint Barthelemy

Samedi 28 Juin 2008, rando course au Pic du Saint Barthélémy avec Yvan, qui prépare la Course des Pérics. Départ depuis la route d'accès aux Monts d'Olmes.


Environ 16km pour 1300m de dénivelé.


C'est parti, dans de magnifiques paysages fleuris.


Mer de nuages dans la plaine.




Direction la ligne de crête.


Une belle montée à venir et deux randonneurs qu'on rattrapera en un temps éclair. Au fond le Pic de Soularac, voisin du St Barthélémy.



Montée sportive sur fond de mer de nuages.



Pause ravito auprès des chevaux.


On pourrait y voir un coeur, mais le Diable sait que c'est son étang.





En approche du sommet (à droite).



L'arrivée au sommet. A droite, le Pic de Soularac.



Pic de Saint Barthélémy, 2348m, montée effectuée en 1h45.




Au loin, la chaîne des Pyrénées, avec le massif de l'Aneto et à droite le Valier.



C'est la pause.


Descente par les lacs, avec un névé à traverser.



Au dessus de l'étang du Diable.




Et un peu plus bas, devant l'étang des Truites.




Toujours de très beaux paysages.




Le retour (avec quelques montées) s'effectuera par la boucle des lacs en 1h45.

24 juin 2008

- Aubrac by Adidas

L’avant course

Ce paragraphe pourrait paraître long, mais c’est de ces instants de bonheur partagés que j’ai tiré toute l’énergie qui m’a permis d’avancer et de ne jamais faiblir durant la course du lendemain.




Sous un soleil écrasant, le voyage en direction de Nasbinals se passe bien et quelques instants de grâce vécus avant et pendant notre pause à Espalion m’accompagneront longtemps.




C’est donc à Espalion que l‘on s’arrête, pour flâner dans les rues, admirer le vieux pont et prendre un petit goûter.






Et commencer également à affiner la préparation pour la course.




Rien ne presse et tous les dossards du monde peuvent bien attendre alors que l’on profite de ces instants à la terrasse d’un café.








Qui a donc pu attribuer un tel dossard à Sabine ?

Le Diable seul le sait.





On rejoint ensuite Nasbinals où Sabine a la désagréable surprise de se voir remettre un Tshirt technique taille XL, les seuls restants. Pour une organisation aussi pointue ne pas être capable de prévoir suffisamment de modèles et confondre les gabarits des trailers avec ceux des rugbymen est un grosse erreur.





On retrouve sur place quelques Kikoureurs et même si on ne passe pas beaucoup de temps ensemble, le plaisir de se croiser est bien là.







Moi (dans le reflet), Corto, Melle Isard66, Sabine, Isard66 et Badgone.








Mais l’hôtel de St Urcize nous attend et surtout un sublime pique-nique au bord de l’eau.






Moments de bonheur où ensemble sous le soleil on recharge nos batteries, moments sublimes où je puise des forces pour la course et pour les lendemains qui par définition sont toujours imprévisibles.






L'indispensable touche finale de l'avant course.



La nuit tombe sur l’hôtel mais il m’est impossible de trouver le sommeil. Je réalise que s’endormir c’est mettre un terme à cette journée et je voudrais simplement qu’elle ne s’arrête pas.





Je regarde ma montre : 1h10 et je ne dors toujours pas. Je vais ensuite somnoler un peu, pour un réveil à 2h15 !




C’est dans ces moments de veille que me vient la maxime rapportée ici :





Vivre et garder chaque instant de bonheur
Nourriture simple de l’âme et du cœur




La course



Les derniers préparatifs accomplis, nous voici à Nasbinals pour un départ prévu à 4h.






Quelques pas sur le goudron des ruelles et déjà un caillou coincé sous la semelle.








La vidéo du départ ici : Aubrac Ultra Trail : le départ








J’essaye de rattraper un peu de sommeil en attendant mon départ à 7h mais c’est pratiquement peine perdue . La course se fera donc avec environ 1h de sommeil au compteur.




Je profite de ces instants pour distribuer le nouveau flyer des Citadelles sur tous les pare brises.






Prêt.


Je pars dans le premier quart du peloton et la lumière est splendide sur les premières pistes qui nous mènent dans les prairies.





Pas beaucoup de sensations au départ, le temps que le moteur chauffe. Ca vient d’un coup, 36 minutes de course à ma montre et je commence à doubler quelques personnes. J’arrive aux alentours du 8ème km en 47’, je tiens ma moyenne à 10km/h, tout va bien.



A la traversée de la départementale 15, il y a pas mal de public et un fossé à sauter. Belle envolée pour le spectacle et une réception un peu ratée. Ma cheville droite blessée en début d’année apprécie moyennement, j’ai intérêt à faire gaffe.



Un peu plus loin, je vois Laurent arrêté au bord d’un ruisseau. Cheville en vrac, la course est finie pour lui.







On remonte sur la croix du Triadou et je reconnais là un des passages communs avec l’Ultra Trans Aubrac. Les souvenirs reviennent, Sabine à mes côtés, la grande et belle aventure.









Un peu plus loin, soucieux de ne pas ennuyer mon lectorat, je prends cette photo exactement au même endroit que lors de l’UTA afin de vous proposer un fabuleux jeu des 7 différences. Passionnant non ?







S’en suit une partie assez longue en forêt où je ne sais pas trop où je suis. On retombe ensuite sur une nouvelle piste déjà courue lors de l’UTA. Je sors ma petite carte pour me repérer (et en profiter pour marcher un peu…).








On attaque ensuite une montée en forêt, en direction de Brameloup. Je me sens bien, c’est rude, mais à grands coups de méthode du Cabri j’avale toutes les montées et laisse sur place pas mal de coureurs.







Détail technique pour l’initiée, je tourne sur un Cabri 12/8, efficace mais fatiguant.








Derrière moi pour le moment, Béatrice Fanget, future seconde.







Quelques douleurs se font sentir, mais j’ai compris maintenant ce que sont les vraies souffrances, celles qui peuvent faire d’une vie un enfer et mes petits bobos de course paraissent tellement insignifiants que je décide juste de les ignorer et d’avancer comme si de rien n’était.




Pour l’anectode, voici la liste non exhaustive de tout ce qui est venu me chatouiller, en remontant depuis les pieds : cailloux et brindilles dans les chaussures, irritation au niveau du haut de la chaussure, les deux chevilles tordues, début de crampes dans les mollets, douleur dans le genou gauche, très peu de douleurs musculaires, légère envie d’aller aux toilettes, petit mal au dos, plus quelques trucs vite oubliés.








Alors que ma montre m’indique 2h de course, un concurrent qui me double, équipé d’un GPS, m’indique qu’on a parcouru 22km. Je suis le premier surpris par la moyenne que j’arrive à tenir.
Une grosse pente à travers prés nous guide ensuite vers la station de Brameloup. Toujours en Cabri Attitude, je dépasse des dizaines de concurrents, ne cédant jamais à la facilité de la marche.



Je m’accorde une pause rapide au ravito où à ma grande surprise j’entends crier mon nom. C’est Emmanuelle, qui sortant d’une entorse avait décidé de quand même prendre le départ. Mais courir lui fut rapidement impossible et elle s’est donc fait transporter ici.



Je repars de suite dans une nouvelle grosse pente. Aucun souci pour continuer à avancer et à dépasser, la forme est là, le mental est énorme.
Dans les bois qui suivent je perds un peu mes repères mais pas la piste qui est partout extrêmement bien balisée.
Prudent dans la descente de malade qui se présente à travers bois, je prends soin de préserver mes chevilles autant que possible. Encore un gros ruisseau à traverser et pour celui là comme pour les autres, je fonce sans calculer à travers les flots. Le photographe qui est là doit même s’écarter pour éviter les gerbes d’eau.








Le seul souci provient de mes Trabucco imperméables. L’eau qui rentre dans les chaussures par dessus mets du temps à s’évacuer et les pieds qui baignent glissent sur les semelles, me déstabilisant un peu.




Le ruisseau passé, une grosse côte nous attend et d’un seul coup je prends un énorme coup de bambou. Plus rien, je me sens faible, plus question d’essayer de courir. J’avale aussitôt une pâte de fruit pour assimiler des sucres rapides, plus un gel. Heureusement la pente ne dure pas très longtemps et la machine se remet ensuite en marche normalement.






A la sortie du bois, on suit une interminable piste en faux plat. La tentation est grande de marcher un peu, mais ici comme ailleurs je ne lâche rien.




Je repasse en boucle les instants de bonheur de la veille et Sabine est quasiment présente à mes côtés, m’apportant la force de courir tout ce qui peut être couru et de ne marcher que dans les vraies côtes.

Courte vidéo de ce rude passage : Aubrac Marathon des Burons







On croise un panneau indiquant « Jonction 44 et 85 », ce qui me surprend agréablement car je ne croyais pas encore être là. Mon objectif de 4h30 me parait tout à fait réalisable. On quitte les bois pour passer auprès du Buron de Pendouliou.








Un peu plus loin, le reporter d’Endurance Mag s’active à notre passage pour nous prendre en photo . Avec mon compagnon de route du moment on doit avoir le bon look, il n’y a plus qu’à espérer paraître dans le magazine.


C’est avec lui que je parcours les 800m de route qui nous mènent vers Montrozier. Le rythme est toujours bon, je mange régulièrement en puisant dans mon épicerie ambulante : un gel par heure et puis au choix pâtes de fruits, barres miel noix, Monacos, Tucs, fromage ou pain d’épice. Un menu trois étoiles.








Ayant tout appris à l’école de l’Ultra Trans Aubrac, je continue à avancer sans faiblir et sans me soucier de la fatigue et des désagréments que personne ne m’a obligé à venir chercher ici.
Les pistes s’enchaînent, une traversée de ruisseau me permet de me rafraîchir les mollets et d’humidifier ma casquette. Seul le chrono m’importe maintenant, arriver en moins de 4h30 à Nasbinals.



Il reste une dernière montée à franchir et comme à de nombreux points du parcours, les vaches sont aux premières loges. Le tracé redevient ensuite roulant à travers les prairies et autant que je le peux, je maintiens le rythme.

Il me semble apercevoir pas très loin derrière moi une fille qui se rapproche. Je m’invente une motivation supplémentaire pour ne rien lâcher, en me mettant dans la peau de Sabine qui ne voudrait pas perdre sa 3ème place, puisque il y a déjà deux filles devant moi.





Et puis à la sortie d’une bosse c’est enfin Nasbinals qui apparaît, plus très loin maintenant. Mon chrono indique 4h05 mais je ne sais pas combien de temps il me faudra pour atteindre l’arrivée. J’accélère, dévalant les pistes descendantes qui me rapprochent du village.
Je double un gars un peu enrobé, pas très rapide, et je me demande comment il est possible qu’il soit devant moi. En fait ce sont des concurrents des courses courtes que je rattrape et double.



Une marque au sol indique 2km, puis une autre 1km, je sais que c’est gagné pour le chrono mais je continue à foncer, encouragé par le public qui est de plus en plus nombreux. Une dernière bosse avant de m’élancer vers le final où je retrouve Emmanuelle cachée derrière son appareil photo.
Des fleurs, des barrières de sécurité, c’est fait, j’arrive en 4h21’53’’, heureux du pari gagné et de ma place, 65ème sur 1500 partants.
Quelques mots au speaker Michel Hortala qui me connaît en tant qu’organisateur des Citadelles, sous la neige, bien loin des conditions d’aujourd’hui.



Je fonce au ravito, je bois un coca, deux cocas, puis cinq ou six. Un bout de fromage, une compote, un Perrier, je ressors de là toujours aussi fatigué, vidé mais en plus avec mal au ventre…





Mais il faut encore marcher pour rejoindre la voiture, puis revenir prendre une douche quasiment froide avec seulement trois places disponibles pour des centaines de coureurs.
Marcher toujours pour revenir au parking et repartir prendre le repas. Je retrouve Frédéric, compagnon de lutte sur le Challenge 2007, puis Emmanuelle et Christian qui les deux chevilles blessées a du abandonner au 37ème.



Il fait trop chaud pour faire la sieste et puis je ne voudrais surtout pas rater l’arrivée de Sabine. Je prends le tracé en sens inverse, encourageant les coureurs de l’ultra et les derniers du marathon qui arrivent complètement à la dérive.



Je fais comme ça environ 3km, mes jambes me font moins mal.




Sur l ' immense plateau de l'Aubrac.




Et puis vers 15h, j’aperçois Sabine qui arrive alors que je ne l’attendais qu’une heure plus tard. Malgré l’exploit et le temps qu’elle est en train de réaliser, elle n’est vraiment pas très bien.



Pour de multiples raisons, elle a souffert sur ce parcours, bien plus dur que les Templiers me dit elle.



On discute un peu en marchant puis je la laisse poursuivre sa route vers l’arrivée en la suivant de loin. Elle en termine en 11h15, 7ème féminine et 3ème dans sa catégorie. Encore un magnifique exploit réalisé.




On s’assoit un peu à l’ombre afin qu’elle puisse récupérer un peu et me raconter la course éprouvante qu’elle vient de vivre. A sa demande, je lui indique le temps que j’ai réalisé, ce qui me vaut une bise, récompense bien plus précieuse que le cadeau finisher.




Bravo à toi pour ton courage et ta persévérance dans toutes les situations.






Alors bien sûr, mon entraînement qui s’est étoffé avec l’ajout de séances de vélo et l’apparition de quelques fruits dans mon alimentation participent à " l’exploit " que j’ai pu réaliser, mais la seule et la vraie raison du mental énorme qui m’a permis de toujours avancer ne fut jamais très loin de moi sur les plateaux de l’Aubrac…

***

Les prévisions d'avant course












Marathon des Burons : 44km, 1300m de dénivelé.





D'après mon temps sur le Gruissan Phoebus Trail et l'expérience acquise sur l' Ultra Trans Aubrac, j'estime (comme le calculateur de performances) pouvoir boucler ce parcours en 4h30.





Il y a quasiment 5 km de moins qu'à Gruissan et n'étant pas en mission journalistique, je devrais réaliser beaucoup moins de photos.




Je suis en forme, bien entraîné et l'apparition de pommes, poires et oranges dans mon alimentation sera, n'en doutons pas, déterminante.





Malgré les doutes que j'ai pu entendre récemment sur cette estimation de temps, je reste persuadé que c'est faisable.




*




Ci-dessous, le descriptif de la course copié sur le site de la course :





MARATHON DES BURONS : L'analyse du parcours





Voici en détails l'analyse du parcours du Marathon des Burons. Par rapport à 2007, celui ci est nouveau à 90%. Au niveau des difficultés, c'est assez proche de l'édition 2007 avec 1,5 km de plus et 150 m de dénivelé en plus. Ce parcours se compose de cinq grandes parties :





- Section 1 : Nasbinals - D 15 (Route d'Aubrac). Il s'agit d'un chemin de St Jacques de Compostelle. Avec 2,5 km de grande piste puis 6 km en alpage. Ca grimpe tranquillement sur le plateau avec un petit coup de cul lorsque quitte le grand chemin pour les prairies. On garde son calme. On se place, on surveille son souffle. On ne grille pas ses cartouches. Ce n'est pas trop humide (juste un passage vers km 7)





- Section 2 : D 15 - Triadou. Voilà une magnifique section en pleine forêt. Du hors piste pour cheminer le long d'un torrent. Le royaume des cerfs. Ca descend tranquillement au fond de la Boralde pour remonter séchement au col du Triadou. Certains passages sont très humides. Ne pas hésiter à s'écarter parfois de la trace pour trouver le bon passage.





- Section 3 : Triadou - Brameloup : Là on rentre vraiment dans le vif du sujet. le profil n'est pas difficile mais le tracé est très varié avec de nombreux changements d'allure. De la grande piste puis une belle descente en forêt avant de remonter dans le flanc (c'est tout nouveau) en hors piste en suivant les traces des animaux). Deux passages de ruisseaux sans difficulté. On se retrouve dans la très belle forêt de Brameloup. Ca remonte encore par de très belles pistes avant de rejoindre un single track qui permet de passer dans un tunnel qui sert à canaliser un torrent. Attention ca glisse. Prendre les cordes. Plus que 1,5 km de faux plat montant et c'est le point d'eau à Brameloup.





- Section 4 : Brameloup - Pendouliou : Voilà une section magnifique. le clou de la course. Avec une piste d'alpin à avaler. Ca grimpe dur. Mais c'est bref. On chemine ensuite pour passer en crête au Suc de Born avant de basculer en hors piste tout droit dans la pente. Les descendeurs vont s'éclater. 500 m tout droit en pleine pente. En bas, encore un torrent à traverser. Et ça remonte tranquillement sur l'autre flanc par une belle piste avant de déboucher en plein alpage avec en point de mire le buron du Pendouliou. Coup d'oeil fantastique sur les alpages. L'Aubrac dans toute sa splendeur.


- Section 5 : Pendouliou - Nasbinals : Plus que 9 km relativement facile. On se refait une santé sur les 800 m de goudron et ça repart dans les alpages par une belle piste sous le regard des vaches incrédules. On fait une petit coucou aux bénévoles gardant les passes. On bifurque à gauche et on s'engage alors dans une magnifique section en hors piste en plein dans les alpages avec en point de mire un petit éperon rocheux où l'on domine toute l'Aubrac. C'est le pied...! Même s'il faut avaler le dernier petit dénivelé. Puis arrive la dernière draille. 2,5 km tout droit pour fondre sur Nasbinals. Ne pas oublier d'admirer les magnifiques burons le long du chemin.


2 juin 2008

- Trail des Trois Pics




Le profil de la course, soit les Pics de Paloumère, du Cagire et du Gar enchaînés.


Vous pourrez avoir une idée des paysages traversés en retrouvant les photos prises en Novembre lors de la rando au Pic du Cagire (effectuée en sens inverse du tracé de la course).








Installés en fin d’après midi dans un superbe gîte à Arbas, la fine équipe des Lacets/Défaits, soit Sabine, Philippe et moi-même, a tout prévu pour une préparation optimale de la course (voir une partie des ingrédients ci-dessus).









Sabine commence sa préparation à base de rosé.



Entre deux verres de rouge, un calin avec le chat du quartier.




Prépa à base de rouge pour Philippe également.









Les Lacets/Défaits, affinant leur stratégie de course pour le lendemain.





Entre deux verres (bouteilles ?) , on prend le temps de discuter et d'apprécier le plaisir d'être ensemble. On revient évidemment sur l'inoubliable édition des Citadelles qu'ils ont eu le courage et la force d'affronter jusqu'au bout des 71km, mais aussi sur les courses futures avec en point de mire l'édition 2009 de l'UTMB.





L'UTMB, un grand projet qui ne cesse de faire rêver Sabine.



Les verres passent, le chat est toujours là.








Regard au loin, peut être sur les montagnes à gravir demain.







A la recherche d'un calin auprès de Sabine.






Au vu de ma tête et du verre vide, il est peut être temps d'aller manger... Quelques pâtes bien sûr, pour qu'il y ait au moins quelque chose de correct dans notre préparation diététique.





La fameuse équipe quelques instants avant le départ. Pas de gueule de bois, mais la nuit a été pratiquement sans sommeil pour chacun d'entre nous. La difficulté de dormir loin de nos lits habituels ???



Retrouvailles toujours aussi sympathiques avec de nombreux trailers de la région, pour la plupart engagés en indivuel sur les 48km du parcours.






L'air légèrement dubitatif, avec à mes côtés les futurs vainqueurs : Patrick Bruni à ma gauche et Ginette Moretto, derrière nous deux.






8h du matin, relayeurs et individuels partons tous ensemble. Je me place dans les 4 ou 5 premiers, devant Patrick Bruni mène déjà la course.




Le temps de chauffe est assez court et l'on attaque rapidement de fortes pentes. Mon rythme est bon et je grimpe bien, évitant le plus possible de marcher. Les pentes restent raides alors que l'on parcours les sous-bois, une courte portion de route et à nouveau de très jolies parties en forêt. Pour m'aider et soulager les muscles, je saisis 2 bâtons qui m'aident à grimper encore et encore.


Je commence à souffrir pas mal, me demandant d'où viennent les problèmes : un manque de récup après le Trail du Pays de Sault, une nuit de sommeil insuffisante ou les nombreux verres de rouge ingurgités ? Le soleil maintenant sorti me fait transpirer abondamment , à moins que ce ne soit que l'alcool qui s'évacue.






Après les fortes pentes du début, le parcours devient plus roulant en arrivant vers le col, aux abords du Pic de Paloumère. J'ai tout donné et j'ai tenu ma place, toujours environ 5ème, avec quelques poursuivants pas très loin derrière.




Un bénévole nous annonce en passant : "Vous allez au petit col et après c'est la descente". Naïvement , je le crois. Passé le col en question, on attaque effectivement une grande descente. J'y vais assez prudemment, en appui sur les bâtons, avant de les rendre à la nature et de foncer un peu plus. 2 ou 3 coureurs me passent, à leur tenue légère ce sont aussi des relayeurs.





Arrivé au col du Portet d'Aspet, n'ayant pas suffisamment étudié le tracé, j 'ai la mauvaise surprise de voir qu'il faut remonter... Le parcours se poursuit comme ça, vraiment très beau, mais sur un sentier alternant courtes descentes et montées.





Je semble être vraiment fatigué et petit à petit mon moral commence à flancher. Je cours toujours et mon rythme ne doit pas être mauvais puisque personne ne me rattrape, mais je rentre dans une sorte de déprime où le moral est au plus bas.



A cet instant, je n'ai plus envie de courir, je ne suis heureux ni dans cette course ni dans la vie, tout ce qui ne va pas ressort, tout ce qui me manque m'opprime et je ne trouve ni ressource ni motivation pour donner plus pour mes deux relayeurs.



Une sale passe, un fond du gouffre où je stagne pendant plusieurs kilomètres.






Pendant ce temps, six minutes avant moi, Patrick Bruni arrive au premier point de relais.



Sur les pistes et les sentiers je poursuis mon calvaire, croisant de sympathiques bénévoles à qui j'arrive tout juste à glisser quelques mots.





Et puis entre les arbres, j'aperçois quelques maisons et beaucoup de voitures garées. Je devine que c'est enfin là Cazaril, le premier point de relais. Le moral revient un peu, la fin de la course n'est plus très loin.






Et puis soudain, une idée évidente me vient et redonne un peu de plaisir à la course et à la vie : je sais que Sabine m'attend pour prendre le relais, alors rapidement je m'arrête pour ramasser quelques fleurs que je lui tendrai à l'arrivée.







J'aperçois maintenant les spectateurs et les relayeurs qui attendent. Je fonce, le visage marqué, épuisé, je vois Philippe qui prend ces quelques photos. Je passe à sa hauteur demandant "Elle est où Sabine ?"






Juste une bosse à franchir et elle est là qui m'attend. Nos regards se croisent, les sourires sur nos lèvres, je lui tends les fleurs qu'elle saisit, un baiser rapide et elle fonce dans son relais.




En un instant tout est effacé, je suis redevenu l'homme heureux, celui que quelques idées noires peuvent parfois éclipser.






Ma portion de course finie, il est temps maintenant de récupérer. Je prends le temps de manger et de boire au ravito, je croque même dans des oranges, les connaisseurs apprécieront...






Je discute avec Philippe de ma course et malgré mon passage à vide, j'ai réussi à tenir une bonne place puisque je suis environ 8ème et même 5ème relais, en retirant les 3 individuels qui sont devant.






Il est temps pour nous de rejoindre Juzet d'Izaut et le parking de la Couage, lieu du prochain relais. Après m'être couvert, je somnole un peu dans la voiture pour récupérer.






***





Pendant ce temps, Sabine effectue un relais de folie, où à son tour elle donne tout, puisant dans son mental la force d'effectuer une énorme montée vers le Cagire. Personne ne la passera durant cette ascension, où au contraire elle revient sur un coureur comme elle me le racontera ensuite un nombre incalculable de fois ;-)





Car le coureur qu'elle ratrappe n'est autre que Patrick Bruni en personne ! Vainqueur à Gruissan, aux Citadelles, aux 100km de Belvès, 11ème à l'UTMB, en résumé un grand Monsieur de la course à pied.


Elle reconnaît d'abord son maillot, les Brooks Cascadia aux pieds et le buf des Citadelles à la main, c'est bien lui. Il a un coup de moins bien, comme celà peut arriver durant les 48km d'une telle course. Ils discutent un peu et Sabine lui fait part de sa surprise et de sa fierté de courir avec Pascal Bruni. Elle va même le dépasser et faire une portion devant lui.


Mais en descente Patrick est intouchable et va repasser Sabine. Finalement leur écart sera seulement de 3 minutes au niveau du relais.



Le relayeur en blanc, le seul qui aura dépassé Sabine durant son relais d'anthologie.



Posté un peu avant le relais, je l 'attends alors que Philippe est parti s'échauffer sur les chemins alentour.



Les spectatrices connaissent même son prénom et crient "Allez Sabine" à son passage.




Elle a l'air en pleine forme et j'emboîte son pas pour terminer ensemble les quelques dizaines de mètres de descente.







D'où les photos un peu floues , toutes prises en action.


J'ai d'ailleurs eu pas mal de chance de ne pas tomber en courant l'appareil à la main sans regarder où je mettais les pieds.



Plus que quelques mètres, une tape dans la main de Philippe, quelques encouragements et le voilà lancé vers le Pic du Gar.





Le plaisir du ravito, le plaisir de se retrouver.



Le plaisir de l'entendre raconter sa course, d'apprendre toute l énergie qu'elle y a mis et où elle l'a puisée.






Les fleurs du relais qui avec elle ont gravi le Pic du Cagire.







Un trajet en voiture plus loin, nous voici à St Pé d'Ardet, lieu d'arrivée de la course. On y retrouve avec plaisir Emmanuel "Ampoule31" qui effectuait également le premier relais.




Sabine fatiguée subit le contre coup de la course. Assis tous les deux sous les arbres, j'ai plaisir à l'écouter me raconter encore la grande course qu'elle vient d'effectuer. Mes idées noires sont vraiment très très loin maintenant.

"Le vrai est dans le faire"



Et pour elle habituée à gérer le rythme plus lent des longues courses, l'intensité de ce parcours de 14km lui a fait découvrir de nouvelles sensations qui semblent lui avoir plu.


Mais pendant ce temps Philippe donne tout à son tour dans les superbes paysages du Pic du Gar. Un passage un peu aérien le ralentit, avec raison puisque l'on a compris depuis longtemps que la partie était gagnée pour nous en relais mixte.





Lui aussi aura le plaisir de rejoindre et de dépasser Patrick Bruni dans la montée sur le pic. Mais dans la descente, Patrick qui se sait suivi par un coureur espagnol, dévale tel l'isard vers l'arrivée. Impossible à suivre.





Patrick à l'arrivée, un grand coureur qui plus est humble et vraiment intéressant. On partagera tous les quatre le bon repas d'après course, échangeant les expériences, les anecdotes et les analyses sur la mauvaise tournure que semble prendre le monde du trail.



Inévitable, la bise au vainqueur qu'elle a eu, rappelons le, le plaisir et la fierté de rejoindre et de dépasser !



Cinq minutes plus tard Philippe arrive et nous terminons tous les trois, main dans la main, notre relais victorieux. Belle performance et même si évidemment il a fallu s'y mettre à trois, on a quasiment réussi à tenir le rythme de Patrick pour en terminer en environ 6h19.



Un petite interview du relais mixte avant le repas et de nombreuses discussions avec d'autres sympathiques trailers. Un grand merci à l'organisatrice qui a bien voulu nous remettre notre prix avec un peu d'avance afin que l'on puisse rejoindre Arbas et notre gîte, puis la grande ville sous une pluie battante.






Et puis un merci tout particulier à Sabine et à Philippe, pour notre performance commune, pour les moments festifs qui n'ont rien empêché et pour tout ce que l'on a pu s'apprendre et s'apporter.