
Un dernier effort pour le SMA Team.
UTA : Espalion - Laissac : la longue ligne droite
Un profil terriblement roulant.
On repart du ravitaillement à nouveau soudés avec l’objectif de la seconde place clairement affiché. Il ne reste "que" 21 km à parcourir. Un coureur qui marche se retourne pour nous voir arriver « à fond ». Il semble tellement surpris que ce soit possible que l’on en rigole ensemble. Le tunnel traversé, s’engage une grosse montée à travers pistes et sentiers. Sabine me fait comprendre qu’elle aussi a besoin d’être poussée. Le temps n’est plus aux douleurs, aux plaintes ou aux doutes pour moi, je passe devant et j’envoie autant que je peux. La montée est longue, mais entre marche rapide et méthode secrète du Cabri, on avance bien. Fin de la côte, dès qu’on peut on relance, on s’encourage, on se motive.
Passage dans un hameau et l’on croise pour la première fois « le fantôme de la femme en vert ».
Sabine a toujours mal sous le pied, entre autres douleurs, mais elle avance toujours, comme si de rien n’était. Un mental énorme. Moi je n’ai rien de particulier, j’arrive à tenir un bon rythme mais j’ai peur d'une défaillance, d’une faiblesse, d’un étourdissement. Alors je mange, au moins une fois par demi-heure, un tuc, un bout de fromage ou de pain d’épice, une pâte de fruit et je m’impose depuis plusieurs heures d’avaler un demi gel à chaque heure qui commence, comme un médicament. Sabine n’en revient pas de me voir avaler tout ça, elle qui ne réussit pas à vider son Camel back dans la journée et qui ne mange pratiquement qu’aux ravitos.
Pendant des kilomètres, on va maintenant parcourir une ancienne voie ferrée, des lignes droites sans fin qui montent légèrement. Le moral fait tout sur ce tracé démoralisant où l’on court toujours. Un seul avantage, on peut voir loin derrière que la troisième ne revient pas sur nous.
On croise plusieurs fois « le fantôme de la femme en vert », photographe qui attendant son homme se déplace d’un carrefour à l’autre. On finit par se saluer et se sourire, ce qui n’est pas commun à tous les coureurs comme elle nous le précisera par la suite.

Photo par "le fantôme de la femme en vert"
Nous deux, nous semblons tous petits et perdus dans ces lignes droites interminables, mais nous n’en sommes que plus soudés, nous rapprochant un peu plus à chaque pas de la libération finale.Un dernier sentier transformé en ruisseau nous amène vers une formidable "ola" de bénévoles.
On double quelques coureurs, toujours aussi aimables, avant d’en terminer avec la voie ferrée et de grimper sur une colline. Sabine n’est vraiment pas très bien mais pourtant elle avance toujours. Un faux espoir en haut du chemin, Laissac n’est pas derrière. Le chrono le confirme aussi, on en a encore pour une bonne demi heure.
On passe quelques habitations, encore des chemins où mi marche mi course on progresse toujours. Et puis, enfin les lumières de Laissac sont devant nous. On se lance dans un dernier sprint, peut être bien à 8 ou 9 à l’heure !
Il fait encore jour, on rejoint la route, les premières barrières de sécurité, nos mains se serrent l’une dans l’autre, le rêve est là devant nous, on franchit la porte, main dans la main on court, les applaudissements, les derniers mètres, on l’a fait, le rêve est devenu réalité. Une belle aventure de 100km en 14h50 ! Quelques mots échangés avec Marc l’organisateur sur cette course de malade mental, quelques mots de Sabine au speaker, et puis vite du Coca, beaucoup de Coca.

Quelques mots avec Marc du Challenge puis Sabine qui s’inquiète car je suis devenu tout blanc. Je m’assois, du Coca encore et le jambon enfoui dans mon sac auquel j’ai enfin accès. Des couleurs qui reviennent, la remise des prix après l’arrivée de la troisième, quinze minutes après nous.

Arrivée de Pégase, un Kikoureur rencontré le matin. Après une grosse galère, abandon à Espalion.
Le froid qui rapidement gagne tout le corps, le retour à l’hôtel, une douche avant un passage au chaud sous la couette, épuisé.
Aucune envie de ressortir, d’aller manger. Quelques grignotages sur place, la fatigue qui passe un peu. Dans un délire je m’étais dit qu’on serait rentrés avant la fin des variétés du samedi soir à la télé, pari gagné…

Le Tshirt finisher, celui qui a tellement de valeur à l’issue d’une telle course.
Sabine, 2ème fille de l'Ultra Trans Aubrac !
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Conclusion : Je n'ai rien inventé, j'ai lu, j'ai écouté les conseils et les expériences vécues.
Mes clefs du succès :
- Mon plan d'entraînement sur 3 mois élaboré avec Isa ma coach de Blagnac. Au maxi, faute de temps, j'ai couru 10h par semaine.
- Les conseils de Jogging spécial marathon, notamment nutritionnels (toujours sans manger de fruits et de légumes frais, il y a des limites aux sacrifices…).
- Les nombreux articles sur l'Ultra d'Esprit Trail, Endurance Mag ou Trail Attitude.
- Les précieux conseils piochés dans les rubriques du site Ultrafondus (avec le calculateur de performance qui me donnait en 15h !).
- Les paroles pleines d'expérience, entendues lors d'une sortie avec Vincent Toumazou, un an plus tôt.
- Des pieds crémés tous les soirs de l'année et particulièrement à la NOK une semaine avant la course. Résultat, 100 bornes courues les pieds trempés et pas une seule ampoule.
- Une cure de Supradin Intensia, plusieurs semaines avant la course (il faut bien compenser le manque de fruits et légumes, le Nutella ne fait pas tout).
- Le miracle de l'huile Weleda ??? Aucune douleur ni courbature dans les jours qui ont suivi, alors que je pensais ne plus pouvoir marcher.
- De la nourriture, des gels et de l'eau en petites quantités mais en continu, même quand je n'en avais pas envie.
- Et puis sur ces bases pouvant conduire à la réussite, savoir pourquoi on le fait, pour quelle raison on veut aller au bout.
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Pour moi l'objectif fut clair, du premier mètre au dernier.

Et j'ai trouvé sur l'Aubrac la vérité que j'étais venu y chercher.