2 juin 2008

- Trail des Trois Pics




Le profil de la course, soit les Pics de Paloumère, du Cagire et du Gar enchaînés.


Vous pourrez avoir une idée des paysages traversés en retrouvant les photos prises en Novembre lors de la rando au Pic du Cagire (effectuée en sens inverse du tracé de la course).








Installés en fin d’après midi dans un superbe gîte à Arbas, la fine équipe des Lacets/Défaits, soit Sabine, Philippe et moi-même, a tout prévu pour une préparation optimale de la course (voir une partie des ingrédients ci-dessus).









Sabine commence sa préparation à base de rosé.



Entre deux verres de rouge, un calin avec le chat du quartier.




Prépa à base de rouge pour Philippe également.









Les Lacets/Défaits, affinant leur stratégie de course pour le lendemain.





Entre deux verres (bouteilles ?) , on prend le temps de discuter et d'apprécier le plaisir d'être ensemble. On revient évidemment sur l'inoubliable édition des Citadelles qu'ils ont eu le courage et la force d'affronter jusqu'au bout des 71km, mais aussi sur les courses futures avec en point de mire l'édition 2009 de l'UTMB.





L'UTMB, un grand projet qui ne cesse de faire rêver Sabine.



Les verres passent, le chat est toujours là.








Regard au loin, peut être sur les montagnes à gravir demain.







A la recherche d'un calin auprès de Sabine.






Au vu de ma tête et du verre vide, il est peut être temps d'aller manger... Quelques pâtes bien sûr, pour qu'il y ait au moins quelque chose de correct dans notre préparation diététique.





La fameuse équipe quelques instants avant le départ. Pas de gueule de bois, mais la nuit a été pratiquement sans sommeil pour chacun d'entre nous. La difficulté de dormir loin de nos lits habituels ???



Retrouvailles toujours aussi sympathiques avec de nombreux trailers de la région, pour la plupart engagés en indivuel sur les 48km du parcours.






L'air légèrement dubitatif, avec à mes côtés les futurs vainqueurs : Patrick Bruni à ma gauche et Ginette Moretto, derrière nous deux.






8h du matin, relayeurs et individuels partons tous ensemble. Je me place dans les 4 ou 5 premiers, devant Patrick Bruni mène déjà la course.




Le temps de chauffe est assez court et l'on attaque rapidement de fortes pentes. Mon rythme est bon et je grimpe bien, évitant le plus possible de marcher. Les pentes restent raides alors que l'on parcours les sous-bois, une courte portion de route et à nouveau de très jolies parties en forêt. Pour m'aider et soulager les muscles, je saisis 2 bâtons qui m'aident à grimper encore et encore.


Je commence à souffrir pas mal, me demandant d'où viennent les problèmes : un manque de récup après le Trail du Pays de Sault, une nuit de sommeil insuffisante ou les nombreux verres de rouge ingurgités ? Le soleil maintenant sorti me fait transpirer abondamment , à moins que ce ne soit que l'alcool qui s'évacue.






Après les fortes pentes du début, le parcours devient plus roulant en arrivant vers le col, aux abords du Pic de Paloumère. J'ai tout donné et j'ai tenu ma place, toujours environ 5ème, avec quelques poursuivants pas très loin derrière.




Un bénévole nous annonce en passant : "Vous allez au petit col et après c'est la descente". Naïvement , je le crois. Passé le col en question, on attaque effectivement une grande descente. J'y vais assez prudemment, en appui sur les bâtons, avant de les rendre à la nature et de foncer un peu plus. 2 ou 3 coureurs me passent, à leur tenue légère ce sont aussi des relayeurs.





Arrivé au col du Portet d'Aspet, n'ayant pas suffisamment étudié le tracé, j 'ai la mauvaise surprise de voir qu'il faut remonter... Le parcours se poursuit comme ça, vraiment très beau, mais sur un sentier alternant courtes descentes et montées.





Je semble être vraiment fatigué et petit à petit mon moral commence à flancher. Je cours toujours et mon rythme ne doit pas être mauvais puisque personne ne me rattrape, mais je rentre dans une sorte de déprime où le moral est au plus bas.



A cet instant, je n'ai plus envie de courir, je ne suis heureux ni dans cette course ni dans la vie, tout ce qui ne va pas ressort, tout ce qui me manque m'opprime et je ne trouve ni ressource ni motivation pour donner plus pour mes deux relayeurs.



Une sale passe, un fond du gouffre où je stagne pendant plusieurs kilomètres.






Pendant ce temps, six minutes avant moi, Patrick Bruni arrive au premier point de relais.



Sur les pistes et les sentiers je poursuis mon calvaire, croisant de sympathiques bénévoles à qui j'arrive tout juste à glisser quelques mots.





Et puis entre les arbres, j'aperçois quelques maisons et beaucoup de voitures garées. Je devine que c'est enfin là Cazaril, le premier point de relais. Le moral revient un peu, la fin de la course n'est plus très loin.






Et puis soudain, une idée évidente me vient et redonne un peu de plaisir à la course et à la vie : je sais que Sabine m'attend pour prendre le relais, alors rapidement je m'arrête pour ramasser quelques fleurs que je lui tendrai à l'arrivée.







J'aperçois maintenant les spectateurs et les relayeurs qui attendent. Je fonce, le visage marqué, épuisé, je vois Philippe qui prend ces quelques photos. Je passe à sa hauteur demandant "Elle est où Sabine ?"






Juste une bosse à franchir et elle est là qui m'attend. Nos regards se croisent, les sourires sur nos lèvres, je lui tends les fleurs qu'elle saisit, un baiser rapide et elle fonce dans son relais.




En un instant tout est effacé, je suis redevenu l'homme heureux, celui que quelques idées noires peuvent parfois éclipser.






Ma portion de course finie, il est temps maintenant de récupérer. Je prends le temps de manger et de boire au ravito, je croque même dans des oranges, les connaisseurs apprécieront...






Je discute avec Philippe de ma course et malgré mon passage à vide, j'ai réussi à tenir une bonne place puisque je suis environ 8ème et même 5ème relais, en retirant les 3 individuels qui sont devant.






Il est temps pour nous de rejoindre Juzet d'Izaut et le parking de la Couage, lieu du prochain relais. Après m'être couvert, je somnole un peu dans la voiture pour récupérer.






***





Pendant ce temps, Sabine effectue un relais de folie, où à son tour elle donne tout, puisant dans son mental la force d'effectuer une énorme montée vers le Cagire. Personne ne la passera durant cette ascension, où au contraire elle revient sur un coureur comme elle me le racontera ensuite un nombre incalculable de fois ;-)





Car le coureur qu'elle ratrappe n'est autre que Patrick Bruni en personne ! Vainqueur à Gruissan, aux Citadelles, aux 100km de Belvès, 11ème à l'UTMB, en résumé un grand Monsieur de la course à pied.


Elle reconnaît d'abord son maillot, les Brooks Cascadia aux pieds et le buf des Citadelles à la main, c'est bien lui. Il a un coup de moins bien, comme celà peut arriver durant les 48km d'une telle course. Ils discutent un peu et Sabine lui fait part de sa surprise et de sa fierté de courir avec Pascal Bruni. Elle va même le dépasser et faire une portion devant lui.


Mais en descente Patrick est intouchable et va repasser Sabine. Finalement leur écart sera seulement de 3 minutes au niveau du relais.



Le relayeur en blanc, le seul qui aura dépassé Sabine durant son relais d'anthologie.



Posté un peu avant le relais, je l 'attends alors que Philippe est parti s'échauffer sur les chemins alentour.



Les spectatrices connaissent même son prénom et crient "Allez Sabine" à son passage.




Elle a l'air en pleine forme et j'emboîte son pas pour terminer ensemble les quelques dizaines de mètres de descente.







D'où les photos un peu floues , toutes prises en action.


J'ai d'ailleurs eu pas mal de chance de ne pas tomber en courant l'appareil à la main sans regarder où je mettais les pieds.



Plus que quelques mètres, une tape dans la main de Philippe, quelques encouragements et le voilà lancé vers le Pic du Gar.





Le plaisir du ravito, le plaisir de se retrouver.



Le plaisir de l'entendre raconter sa course, d'apprendre toute l énergie qu'elle y a mis et où elle l'a puisée.






Les fleurs du relais qui avec elle ont gravi le Pic du Cagire.







Un trajet en voiture plus loin, nous voici à St Pé d'Ardet, lieu d'arrivée de la course. On y retrouve avec plaisir Emmanuel "Ampoule31" qui effectuait également le premier relais.




Sabine fatiguée subit le contre coup de la course. Assis tous les deux sous les arbres, j'ai plaisir à l'écouter me raconter encore la grande course qu'elle vient d'effectuer. Mes idées noires sont vraiment très très loin maintenant.

"Le vrai est dans le faire"



Et pour elle habituée à gérer le rythme plus lent des longues courses, l'intensité de ce parcours de 14km lui a fait découvrir de nouvelles sensations qui semblent lui avoir plu.


Mais pendant ce temps Philippe donne tout à son tour dans les superbes paysages du Pic du Gar. Un passage un peu aérien le ralentit, avec raison puisque l'on a compris depuis longtemps que la partie était gagnée pour nous en relais mixte.





Lui aussi aura le plaisir de rejoindre et de dépasser Patrick Bruni dans la montée sur le pic. Mais dans la descente, Patrick qui se sait suivi par un coureur espagnol, dévale tel l'isard vers l'arrivée. Impossible à suivre.





Patrick à l'arrivée, un grand coureur qui plus est humble et vraiment intéressant. On partagera tous les quatre le bon repas d'après course, échangeant les expériences, les anecdotes et les analyses sur la mauvaise tournure que semble prendre le monde du trail.



Inévitable, la bise au vainqueur qu'elle a eu, rappelons le, le plaisir et la fierté de rejoindre et de dépasser !



Cinq minutes plus tard Philippe arrive et nous terminons tous les trois, main dans la main, notre relais victorieux. Belle performance et même si évidemment il a fallu s'y mettre à trois, on a quasiment réussi à tenir le rythme de Patrick pour en terminer en environ 6h19.



Un petite interview du relais mixte avant le repas et de nombreuses discussions avec d'autres sympathiques trailers. Un grand merci à l'organisatrice qui a bien voulu nous remettre notre prix avec un peu d'avance afin que l'on puisse rejoindre Arbas et notre gîte, puis la grande ville sous une pluie battante.






Et puis un merci tout particulier à Sabine et à Philippe, pour notre performance commune, pour les moments festifs qui n'ont rien empêché et pour tout ce que l'on a pu s'apprendre et s'apporter.



6 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonsoir Mic,

Tu sembles avoir été bien éprouvé par cette course des 3 pics. Mais ça me semble un peu normal après l'énorme première partie de saison que je suis à fil de tes CRs.
Mais un commentaire sur ce dernier fil m'interpelle. Peux-tu stp expliciter davantage tes "analyses sur la mauvaise tournure que semble prendre le monde du trail"?

Un traileur débutant mais pas franchement anonyme (juste oublié mon identifiant)

Nono31

Michel a dit…

Salut Nono,

Pour faire court, c'est l'arrivée de l'argent qui pourrait changer le paysage du trail : courses avec des primes et des "invités" rémunérés, teams semi-professionnels, organisations professionelles,etc...
Heureusement, il reste encore de nombreuses courses conviviales , comme les trois pics par exemple.
@ +

yvan a dit…

Bravo pour la course et bravo pour le CR !!!
Au suspens sportif, au plaisir des rencontres ( MONSIEUR Bruni )s'ajoute meme des éléments "sentimentiques et romantaux" : le bouquet de fleurs !!!!!!!
En plus je suis rassuré de voir que vous restez humains en buvant du rouge et en mangeant du saucisson !!!

a bientot
yvan

Anonyme a dit…

PROFITER DES MOMENTS SIMPLES ET SAVOURER LE PLAISIR D ETRE ENSEMBLE;PARTAGER L EFFORT ET ETRE CONTENT DE SOI ...VOILA LE RESUME DE CETTE AVENTURE COMMUNE.
MERCI DONC A TOI MICHEL PUIS A TOI PHILOU...AU PLAISIR DE RECOMMERCER.

Marlène a dit…

Toujours un plaisir de te lire Michel. Bravo à votre équipe et surtout à la princesse des montagnes. Comme je suis très romantique, le passage des fleurs d'amour m'a ému...
A bientôt j'espère,

Anonyme a dit…

Voilà un bien beau CR qui relate une aussi belle course, bravo à vous trois, au club on applique la même méthode que vous trois, mais avec moins de succés, il nous manque sans doute du paté pour parfaire notre condition, le fait de vous croiser est très agréable et pour cela à très bientôt j'espère, continuez comme vous étes.

Emmanuel (ampoule31)