Et une deuxième partie où se concentre le gros dénivelé.
Je tourne à l’eau sucrée et comme habituellement sur les trails, aux barres miel noix alternées avec des pâtes de fruit.
Les paysages sont magnifiques, le soleil nous accompagne, le plaisir est toujours là.

La pente s’accentue alors qu’à travers bois nous montons vers les hauts plateaux de l’Aubrac.

Les premières traces de neige apparaissent et je m’aperçois en voulant resserrer ma chaussure que le lacet de ma Salomon Wings a cassé. Avec l’aide de Sabine, on refait un nœud de fortune afin de pouvoir continuer. Le pied n’est pas serré suffisamment, mais la chaussure tient, aidée par la guêtre.
Je ne pense de toutes façons pas aux 70 km qu’il reste à parcourir mais juste au prochain point de ravitaillement. J’ai lu et j’applique cette méthode qui permet de voir la course comme une succession d’étapes beaucoup plus abordables.
Sur les hauts plateaux baignés de soleil nous trouvons une épaisse couche de neige qui alterne avec un sol détrempé. Nous montons toujours en longeant des forêts alors que le regard porte loin sur les paysages de l’Aubrac.


Nous sommes seuls la plupart du temps et heureux d’être ensemble, de pouvoir vivre cette grande et belle épreuve à deux. On parle peu, mais je suis à chaque instant conscient de la chance que j’ai de pouvoir partager avec elle cette passion commune.
En quittant les parties les plus enneigées, nous retrouvons des sentiers à nouveau boueux ou inondés. Bizarrement, alors que nos pieds sont plus que mouillés, on essaie toujours d’éviter de passer dans de nouvelles flaques. Comme ce ruisseau profond que je ne voulais pas traverser et que j’ai essayé d’éviter en passant sur une branche, tout en équilibre. Résultat, la branche qui craque, qui cède et qui m’envoie dans l’eau jusqu’aux genoux…
Un peu plus loin, c’est un autre cours d’eau qui nous attend, avec un fond tapissé de pierres glissantes. Efficace pour les figures de style improvisées.

C’est ensuite une petite rivière que l’on doit traverser, de l’eau jusqu’aux genoux, avant de s’apercevoir qu’une passerelle nous attendait quelques mètres plus loin. Dommage…
Sortis de la forêt nous retrouvons, à 3 ou 4 km d’Aubrac, de larges pistes qui nous guident vers le deuxième ravito. Belles parties roulantes où souvent nos mains se rejoignent pour courir ensemble.
Depuis un moment, je n’ai déjà plus envie de nourriture sucrée. Ça fait aussi partie des récits que j’avais lus ou entendus, mais je ne pensais pas que ça m’arriverait aussi tôt dans la course. Je commence à piocher dans les Tucs, mais le salé embarqué n’est pas ce que j’ai de plus accessible dans mon sac.A l'approche des 45 km, je commence à ressentir les mêmes vieilles douleurs en haut des cuisses. Rien de grave pour l'instant.
Avec un ciel maintenant nuageux, l’arrivée à Aubrac se fait aussi main dans la main, sous les applaudissements et les encouragements des spectateurs. On entend en passant de sympathiques : "Ils sont mignons !".



2 commentaires:
Bravo à tous les deux pour cette belle épopée.
Encore un joli podium pour Sabine, félicitations.
Mic te voilà enfin entré de plein pieds dans le monde de l'ultra, et de quelle manière. Chapeau!!!
Quelle exactitude pour l'estimation du chrono. Tu maîtrises déjà tel un vieux renard.
On attend avec impatience la suite du récit, un peu trop idyllique à mon goût pour l'instant. Il y a bien un moment où vous vous êtes chamaillé quand même, non? ;-)
Bravo Mic, c'est du reportage comme j'aime !
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