Dans le grand bain de l’UltraFin d’après midi sur Laissac, nous arrivons Sabine et moi au grand gymnase pour retirer nos dossards. Peu de monde dans la file d’attente et une première surprise, la moyenne d’âge est très élevée. On se dit en plaisantant qu’on va avoir la coupe des plus jeunes participants.Soirée agréable à l’hôtel peuplé de coureurs, les coups de fils d’encouragement affluent avant une nuit très très courte : couchés vers 22h pour un réveil à 2h !
Juste quelques heures de somnolence avant les derniers préparatifs : pansements à tous les orteils, épaisse couche de pommade Nok, huile Weleda sur tous les muscles des jambes.

3h 30 , la navette qui nous transporte vers le départ à Sainte Geneviève sur Argence démarre. C’est parti pour une heure et demie de route, une heure et demie de bonheur simple où serrés l’un contre l’autre nous allons somnoler, une heure et demie de bonheur essentiel qui souvent me reviendra en mémoire durant cette longue course de 100km.

C’est le froid qui nous accueille sur le lieu de départ et nous nous réfugions dans la salle où comme tous les participants nous pouvons déguster gâteaux et café chaud.

Derniers préparatifs, dernières appréhensions et après le briefing de Marc nous nous dirigeons vers le départ.
UTA : Ste Geneviève –Laguiole
6h du matin, dans la nuit et le froid nous quittons Sainte Geneviève pour cette grande aventure. De ces premiers pas aux derniers de la journée, une seule image me poussera en avant : entrer dans Laissac et franchir la ligne d’arrivée main dans la main avec Sabine.

La première portion de 22,7 km est annoncée roulante et elle le sera : d’abord un peu de route, puis de larges pistes où tout en courant on engage la conversation avec d’autres coureurs, sur les Citadelles évidemment.

On revient avec eux sur les conditions apocalyptiques de la dernière édition et de l’enfer qu’ils y ont vécu. Mais rapidement, nous trouvons ici aussi des conditions particulièrement difficiles : la pluie et la neige tombées ces derniers jours ont tout inondé.

Comme annoncé au briefing, les sentiers sont devenus ruisseaux, les ruisseaux rivières et nos pas doivent trouver leur place dans ce milieu aquatique.
Les plus pressés suivent le flot, les plus prudents dont nous sommes cherchent des appuis sur les côtés, évitant les pierres, la boue profonde ou la glissade.

On y perd peut être du temps mais on s’y économise aussi et bien qu’effectuant mon baptême d’Ultra, je suis conscient que seule l’économie sera payante à l’arrivée.


Les pieds trempés, on sort enfin de cette pénible partie pour gagner les plateaux de l’Aubrac sous un agréable soleil. 

Tout à la joie d’apercevoir Laguiole et de faire une photo, on rate un embranchement et l’on se retrouve dans une ferme. Nous sommes là 4 ou 5 à hésiter, puis nous remontons la route et trouvons le bon chemin. On rentre dans le village main dans la main, soudés, au bout de 3h quand mes prévisions donnaient ce parcours en 3h25.
Je retrouve avec plaisir Marc et Jeff, les organisateurs, qui m’encouragent et me décrivent quelques pièges à venir, comme des rivières à traverser ou des arbres coupés à escalader.
On quitte Laguiole sans avoir touché le taureau porte-bonheur. Mais aujourd’hui le bonheur, on le porte avec nous.
***
A suivre dans : Ultra Trans Aubrac : Etape 2



3 commentaires:
Bravo à mic et à sabine,
quand j'ai vu les résultats sur le net et que j'ai vu ton nom, je me suis dis : non! il n'a pas fait ça après tout le temps qu'il a dû passer à l'organisation des citadelles.
Avec une préparation limitée par cette organisation et réussir à finir, franchement RESPECT!!
vivement la suite de ton récit que j'ai "bu" comme un vieil alcool!!
A très bientôt, Steph81
C'est génial, BRAVO à tous les deux et un mot s'impose, comme l'a dit steph81, RESPECT!!!! Merci aussi de faire partager votre expérience via le blog, vivement la suite. Ca donne envie... BRAVO encore et merci de nous faire partager cette expérience difficile c'est sûr mais à jamais inoubliable pour vous. Encore une fois BRAVO, RESPECT
Bravo Mic et Sabine,
C'est avec une grande émotion que je lis ton blog...J'ai même la larme à l'oeil. la folie d'une journée comme cela pour les organisateurs nous laisse toujours le goût amer de n'avoir pas partager ce que vous, les coureurs avaient vécu dans cet enfer.
Ton blog nous permet de vivre cela avec beaucoup d'intensité. Tes photos sont magnifiques et là encore, même en tant qu'organisateur, je n'ai pas les même.
Amicalement, Jeff - Action12
Enregistrer un commentaire