Photo Sylvain , photographe pour Trail Attitude

Trail du Cassoulet, Verfeil
1 ère étape, je me rends sur le site dès samedi aprèm, afin d’effectuer un affichage de quelques pubs pour les Citadelles et de retirer mon dossard avant la cohue du lendemain.
Dimanche matin, j arrive vers 8h, le temps de faire un petit tour et de profiter du plaisir de rencontrer plein de têtes connues. Vrai plaisir de baigner dans le milieu du trail , où mon cercle de connaissances s'agrandit sans cesse : je fais la connaissance de Sylvain, véritable Tintin reporter à Trail Attitude, qui vient d’enchaîner l’UTMB, l’ultra du Sancy, plus une autre course…épuisant.
Le départ prévu à 9h est retardé pour notre sécurité puisque 2 nids de frelons ont eu la mauvaise idée de s’installer sur le parcours. Pompiers appelés, parcours légèrement modifié, on démarre enfin vers 9h30.
Départ tranquille pour moi, je ne veux pas revivre la galère d’Ikalana. Doublé par beaucoup, il est difficile de connaître sa vrai place au milieu des coureurs du relais et de ceux de la boucle de 15km. Je n’ai au fond qu’un objectif, ne pas finir loin d’Olivier, juste derrière moi au challenge. Je le vois passer devant, mais j’ai décidé de gérer les 15 premiers km et de remonter (si possible) sur les 17 derniers. Je discute un moment avec Pierre qui lui se bat pour la 8ème place au challenge.
Photo Isa, photographe pour Esprit Trail
Jusqu’au 1er ravito au lac de la Balerme, km 6, tout va bien, je tourne à 12km/h. Le tracé est assez monotone, des chemins agricoles, légèrement vallonnés, sans beauté particulière.
Je trouve un peu de plaisir dans les encouragements des randonneurs qui tournent en sens inverse et dans quelques regards croisés avec de sympathiques marcheuses.
10ème km, je commence à peiner un peu. La course se fait avant tout dans la tête et le plaisir n’y est pas. Je sais ce que je peux faire sur un parcours qui m’éclate (remember les 3 collines), mais là c’est courir pour le challenge, sans plus. A part quelques petites côtes où je m’amuse, rien.
On revient comme ça sur Verfeil, j y verrais plus clair quand les gars du 15km s’arrêteront là. Magali, qui attend sa relayeuse, m’encourage et court quelques dizaines de mètres avec moi. Passage près du speaker qui me connaît depuis que je lui ai donné la pub des Citadelles et qui regonfle mon égo : «Dossard 241, Michel Arnaud, un des meilleurs trailers du Sud-ouest »….pas aujourd’hui en tous cas.
Phot Isa (Esprit Trail)
La course continue, long passage en ville sur du goudron, passionnant. Je remonte petit à petit sur Stephen que je dépasse. Puis c’est Emmanuel qui me double, alors qu’il était normalement devant. Il m’indique qu’il s’est trompé et a perdu du temps. Alors que je suis en train de penser qu’il va falloir accélérer si je veux revoir Olivier, le voilà qui me rattrape ! Même mésaventure pour lui, il s’est trompé de route. Du coup ma stratégie est claire, rester avec lui pour sauver les points, ça remet le moral.
Photo Isa (Esprit Trail)
Mais à la faveur de ce parcours toujours monotone, piste larges et champs, il s’éloigne petit à petit. Je sauve les meubles comme je peux, je ne trouve pas de motivation suffisante qui me ferait regagner quelques forces. Même la super mousse au chocolat que j’ai fait la veille et qui m’attend comme une récompense n’y fait rien…
Arrive enfin un passage intéressant en sous-bois sur un sentier monotrace où je reprends du plaisir à courir. Mais c’est bien court et on arrive ensuite à un désespérant horizon tout plat, qui longe le lac du Laragou. Au bout du lac, km25, le dernier ravito . J’y arrive démotivé, les jambes ne veulent plus suivre. Je prends le temps de me restaurer : coca et puis pourquoi pas essayer leur ravito spécial, la saucisse grillée ? C’est bien agréable et pendant ce temps, Stephen et 4 ou 5 autres coureurs passent. Tout ça n’a plus d’importance.
Je repars du ravito avec un jeune coureur, aussi mort que moi, qui me propose de finir ensemble. On part en marchant, 2 petits vieux. Je lui parle du challenge et d’Olivier que j'aurais du rattraper…Et puis, je mets ainsi un nom sur son visage, c’est Sébastien, 10ème au challenge. On cause des courses qu’on aime, des bons résultats passés, en trottinant sur une longue partie goudronnée en faux plat : l’horreur. Puis on reprend des chemins et dès la 1ère côte, il cale. Il me souhaite bon courage, alors que je le laisse pour courir vers l’arrivée, si loin encore. Quelques forces reviennent avec un peu de motivation pour rattraper et dépasser les 5 gars que je vois au loin…5 places à gagner, ce sont des points que je ne veux pas céder, des points qui pourront compter dans ma lutte avec Olivier.

Alors, je remonte progressivement. Je reprends un 1er gars, puis manquant de lucidité, je fonce dans une clôture de champ. Rien de grave, juste le dossard déchiré. On approche de la fin et les autres sont à ma portée. Quelques dernières montées dans les champs et sentiers me permettent de dépasser Stephen, victime d’une crampe et les autres coureurs. Et puis enfin c’est l’arrivée en ville, une dernière descente et la ligne d’arrivée, en 2h50 pour ces 32km. Mort, les jambes douloureuses, sans joie particulière, je me jette sur le ravito. Pas envie d’aller faire des photos, tant pis pour les illustrations du blog. Je me traîne, je m’étire, je ne cherche même pas à voir le classement. J’espère juste ne pas être trop loin d’Olivier.

Je retrouve les têtes connues, je me décide enfin à aller prendre une douche qui bien froide, me réveille un peu. J ai raté la remise des prix, je découvre enfin mon classement : 27ème et Olivier 22ème. 21 points perdus, je reste devant lui pour 16 points, ça va être chaud à la Puma trail.
Ensuite, il est temps d’aller manger, cassoulet évidemment et de repartir, vers le repos et bien sur, la mousse au chocolat.