Viala du Tarn, Aveyron , le 05 Août 2007
Me voici de retour sur cette course un an plus tard. En 2006 j'avais couru le 30km, côte à côte jusqu'à la bifurcation des parcours avec le vainqueur du 18km. La victoire sur le tracé court paraissait donc possible et je suis venu là pour ça.
Ne négligeant rien pour gagner, je suis passé la veille, lors d'un footing, saluer la Vierge qui veille sur le lac de
Pareloup.

Afin de passer la nuit précédant la course dans les meilleures conditions, j'ai aussi investi dans une belle tente jaune et bleue, juste assez grande pour moi.

La course démarre à 8h30 sur un rythme tranquille. Dans la première descente sur le Minier, quelques coureurs s'envolent tandis que je m'économise. Feu de paille pour eux, je les reprend dès le retour sur la route. Une bifurcation à droite et nous attaquons la raide montée vers le Viala. Le groupe de 5 ou 6 explose de suite, dynamité par un gars en maillot orange. Personne ne le suivant, je double le 2ème pour ne pas le laisser s'enfuir. Il monte comme un isard et au passage dans le village, au 6 ème km, il a déjà 30s d'avance. J'ai laissé quelques plumes dans la montée et je récupère sur les pistes qui me mènent vers Ambias.

Personne derrière moi, je galope dans les superbes paysages au dessus des gorges du
Tarn. J'aperçois au loin le point orange et j'effectue un pointage: il a environ 1 minute 30 d'avance sur moi !

La montée est rude sur la route qui nous mène vers
St Etienne. J'espérais le rattraper ici mais je le vois toujours aussi loin. Je m'accorde 1 minute de marche en mangeant un bout dans la côte.
Passage à l'église : on a été tellement rapides que le point de ravitaillement n'est pas encore en place ! Pas grave, j'ai tout ce qu'il faut sur moi et je poursuis ma course, espérant une défaillance du lièvre orange sur la fin…
Au loin j'aperçois l'antenne , point culminant pour les courageux qui font le 30km.
Après un dernier sentier en légère montée jusqu'à la
Jasse, j'attaque la descente, évitant de peu une grosse gamelle dans un chemin parsemé de pierres. Je longe le stade où j'ai passé ma paisible nuit, avant d'attaquer la dernière montée vers la Vierge qui surplombe le village.
Toujours personne en vue au passage de la statue, je me suis fait à l'idée d'être 2ème. Je pousse le portail, en position fermée, et je m'engage dans la descente finale.
Je dévale le sentier quand entre 2 buissons je vois un point orange à 10 mètres ! Je n'y crois pas, quel est le génie qui a écrit le scénario de cette course ? J'accélère et rattrape le coureur de tête, surpris de me voir là.
Je le passe dans une épingle du sentier puis nous arrivons sur la route, en plein village. Il doit rester 300m avant l arrivée, il me repasse, puis nous nous retrouvons au milieu de la course des enfants. On court côte à côte, puis j'accélère un peu, sans me griller pour garder quelques forces pour le sprint final. Il ne suit pas, je creuse un petit écart.
Voici la ligne droite en faux plat vers l'arrivée, un coup d'œil derrière , il ne revient pas. J'arrive, point levé pour cette première victoire en trail , passage presque anonyme de la ligne d'arrivée au milieu des enfants, le speaker comme les organisateurs ne nous attendant pas avant un bon quart d'heure.

Poignée de main avec le 2ème, sympathique nordiste en vacances, qui avait largement mérité la victoire. Mais il a plusieurs fois été trompé par le balisage insuffisant, notamment au niveau du portail fermé où il était parti, comme beaucoup d'autres, dans une autre direction. En fait, j'ai gagné la course grâce à ma connaissance du parcours de l'an dernier.
1er du 30km
On se ravitaille et ce n'est que 10 minutes plus tard que le 3ème arrivera. Le vainqueur de 2006 franchira la ligne 12 minutes après moi, mes prévisions étaient donc bonnes pour la victoire.
Je vais ensuite trottiner sur le parcours, pour voir passer les 1
ers du 30km, avant de prendre une bonne douche puis de me rendre à la remise des prix, où en plus de la coupe je reçois un carton plein de bouteilles et d'excellents produits régionaux.
La remise des prix, sur la plus haute marche.
Je profite de ma présence sur le podium pour parler des Citadelles 2008 et inviter les coureurs à y participer.
Ensuite, c'est le repas en compagnie en autres du 2ème, vraiment sympa, avec qui on refait la course et le final à suspense.
Je n'ai plus qu'à faire une bonne sieste avant de poursuivre mes vacances un peu plus loin, l'esprit serein après cette victoire.